Proverbe Chinois
Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun
deux idées.
Alter Eco
Consommer autrement. Ecologie. AMAP. Issy. Déco. Jardin. Maison. Logiciels Libres. Fraternité
Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun
deux idées.
Parla rédactionle 11/05/2012
"Le problème, il est chinois. (...) Il faudra ouvrir le conflit.". La citation de François Hollande, reproduite dans un livre publié cette semaine, est pour l'instant passée inaperçue. Et pourtant, elle pourrait faire des remous.
"Les Chinois trichent sur tout": dans "La victoire empoisonnée", le livre du journaliste Eric Dupin paru jeudi aux éditions du Seuil, François Hollande se livre à une analyse d'une rare franchise, recueillie au cours de la campagne, micro ouvert. Nous l'avons relevée au cours de notre émission, enregistrée ce vendredi, avec Eric Dupin et Marie-Eve Malouines (France Info).
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La voici : "Je suis arrivé à un moment où je pense qu'il faut nommer l'adversaire. Je l'avais fait pour la finance. Il faudra le faire pour les Chinois. Le problème, il est chinois. Ils trichent sur tout. Sur la monnaie, en matière de recherche. La difficulté, c'est que beaucoup de grandes entreprises vivent avec des contrats chinois. Ce sont elles qui empêchent que nous soyons plus fermes à l'égard des produits de ce pays. Mais il faudra ouvrir le conflit en ayant le soutien d'un certain nombre de pays européens." Dans le flot des "quickbooks" qui sortent cette semaine, et de leurs révélations plus ou moins pertinentes, la citation est passée inaperçue.
Pour longtemps encore ? |
Par Daniel Schneidermann
le 14/05/2012
Il y a des mots qui devraient être interdits aux journalistes. Au moins pendant une période de sevrage. Par exemple, les mots "semaine décisive", ou "semaine
cruciale". Ils en ont abusé, dans les derniers mois sarkozyens. Nous avons été saoûlés de "sommets de la dernière chance", et de "week-ends décisifs". Mais il faut croire que le journaliste est
un être infatigable. Et vous voilà donc embarqués, chers citoyens, dans une nouvelle "semaine décisive", de Berlin à Camp David, en passant par Chicago. Il faut croire qu'ils pensent réellement
que la crise de l'euro va se dénouer cette semaine, par quelques embrassades entre Hollande et Merkel, et que l'on y verra plus clair en fin de semaine. Va donc pour les roulements de
tambour.
Vers cette semaine compliquée, Hollande s'envolera en laissant derrière lui une querelle simple. Et d'actualité: la bataille d'idées entre Jules Ferry et Georges Clemenceau.
Pourquoi avoir choisi d'honorer, avec Marie Curie, le colonialiste Jules Ferry, parmi toutes les gloires possibles de la 3e République ? Pourquoi avoir choisi, à peine entré en fonction, de
déposer une gerbe sous la statue de celui qui, en 1885, à l'Assemblée, évoquait les droits et devoirs des "races
supérieures", envers les "races inférieures" ? Que cet hommage à l'homme de l'instruction gratuite, laïque et obligatoire, soit pour plaire aux enseignants, on le voit bien. Mais tout de même:
pourquoi choisir ce symbole ambigu ? Les défenseurs de Ferry diront: il faut faire la part des mentalités de l'époque. Dans la mentalité de l'époque, au 19e siècle, le Noir et le Jaune
ressortissent vraiment d'une race inférieure, et Ferry n'est pas seul à le penser. Certes. Mais les mentalités de l'époque n'étaient pas univoques, la réponse de Clemenceau à Ferry (à lire
aussi dans la notice Wikipedia en lien plus haut) le montre bien. Et de toutes manières, quelle est l'urgence, en 2012, de cet étrange cours d'Histoire ?
Les présidents socialistes et l'Histoire ! Cette gerbe m'en rappelle une autre. Tout au long de ses deux septennats, Mitterrand, chaque année, le 11 novembre, fit fleurir la
tombe de Pétain, à l'île d'Yeu. Le préfet de Vendée débarquait à Port-Joinville, déposait la gerbe présidentielle, et revenait. La nouvelle faisait une brève dans Le Monde, pas
davantage. Nul ne manifestait la moindre curiosité. C'était comme ça, une petite lubie. Cet hommage reçut plus tard une tout autre explication, quand fut révélée, dans les derniers mois du
règne, l'ambiguïté du jeune Mitterrand envers Vichy en général, et Pétain en particulier. Rien à voir bien entendu avec l'affaire Ferry (à qui Hollande, selon toute vraisemblance, n'a jamais
serré la main). Rien, sauf ceci: l'exigence de curiosité. Que va-t-on découvrir plus tard ? Pourquoi Ferry ?
Mardi, François Hollande pourrait nommer Jean-Marc Ayrault premier ministre. A ce titre, l'éventuel chef du gouvernement devrait avoir un rôle clé dans la politique numérique française. Un domaine dont il semble avoir pris conscience de l'importance à travers la gestion de sa ville de Nantes, où la culture tient aussi une place prépondérante.
Mardi, François Hollande nommera son premier ministre, moins de
dix jours après sa victoire à l'élection présidentielle. Si plusieurs noms circulent, celui du maire de Nantes Jean-Marc Ayrault est celui qui revient avec le plus d'insistance, malgré la
condamnation judiciaire ancienne que n'a pas manqué de rappeler l'opposition. En cas de confirmation, celui qui est également président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, président de
Nantes Métropole et député de la troisième circonscription de Loire-Atlantique aura donc à mettre en oeuvre le programme numérique du nouveau Président (à moins que François Hollande ne décide
d'en faire un domaine réservé du chef de l'Etat, comme le suggère avec audace ElectronLibre).
Ces dernières années, Jean-Marc Ayrault a lancé plusieurs chantiers numériques dans sa ville. Le plus important d'entre eux est lié à l'aménagement d'une grande portion de l'Ile de Nantes. Située au coeur de la ville, cette étendue de terre de 337 hectares est en train de voir naître, sur sa pointe Ouest, le Quartier de la Création.
Ce n'est quasiment pas dit, et pourtant près de 1,5 million d'électeurs en France, soit deux fois la différence de voix entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour de l'élection présidentielle, doivent utiliser une machine à voter électronique pour exprimer leur choix. Outre le fait que le vote électronique pose d'importants problèmes de contrôle du scrutin, qui est à la base de la transparence électorale, le ministère de l'intérieur refuse de communiquer la liste des bureaux de vote concernés, présents dans 64 communes. Enquête.
Mise à jour : nous avons réalisé une application pour déclarer et localiser les bureaux de vote électronique.
Depuis 2008, les communes françaises ne peuvent plus s'équiper en machines à voter électroniques. Mais 64 communes de plus de 3 500 habitants, déjà équipées auparavant, imposent aux personnes inscrites sur leurs listes électorales de voter sur des machines dont le fonctionnement est d'une redoutable opacité. Tout semble fait pour entretenir le manque de transparence autour du du vote électronique, jusqu'à tenir secrète la liste des communes concernées. Et aucun recours juridique ne semble pouvoir empêcher l'utilisation du vote électronique.
Alors que des pays comme les Etats-Unis, le Brésil ou l'Inde votent (exclusivement pour l'Inde) par des machines à voter, d'autres plus proches de nous reviennent en arrière. C'est le cas par exemple des Pays-Bas, qui ont fait voter jusqu'à 90% de leur population sur des machines, et qui privilégient désormais le papier face aux polémiques suscitées par le vote électronique.
Mais en France, malgré un moratoire prononcé de fait en 2008, le vote électronique se prépare à une nouvelle révolution plus dangereuse encore : le vote par internet.
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